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Dans son discours du 21 février 2007 « Je veux que l’Europe change » à Strasbourg, lors de la campagne pour l’élection présidentielle, N. Sarkozy alors candidat de l’UMP qui devait être élu le 6 mai dernier président de la République déclarait "Je crois que nous devons cesser de faire de l’Europe le bouc émissaire de tous nos malheurs et la cause de toutes nos défaillances ».

Si le candidat devenu président de la République souhaitait que l’Europe change sans doute pas ses dirigeants…

C’est ainsi que déjà lors de la campagne électorale, sans doute dans un grand souci d'efforts pédagogiques vis-à-vis des Français dont on sait que 55% ont rejeté le projet de traité constitutionnel, les deux candidats retenus pour la phase finale de l’élection présidentielle s’en étaient donnés à cœur joie en « cassant du sucre » sur le dos de la BCE et en fustigeant l’euro fort pour sans doute mieux expliquer, pensaient-ils, aux Français les difficultés où se trouve l’économie française…

Voilà que N. Sarkozy, président de la République, sur le chemin du retour de la Hongrie à Paris et alors que se déroule le Conseil des ministres européens de l’Economie et des Finances et surtout l’eurogroupe, s’en prend violemment à la BCE, à son président et surtout au président de l’eurogroupe, JC Junker premier ministre luxembourgeois, dénonçant la gestion calamiteuse de la crise financière de cet été qui aurait favorisé les spéculateurs plutôt que les entrepreneurs. Selon lui « on a fait des facilités aux spéculateurs, on complique la tâche pour les entrepreneurs » et à l’adresse du président de l’eurogroupe « quelle initiative a-t-il prise ? ».

Toutes ces agitations n’avaient qu’une seule visée détourner l’attention des Français, de l’opinion publique via les médias, des critiques adressées par les ministres européens de l’eurozone à la France. En effet, ces derniers, en juillet 2007, avaient demandé à la France de respecter ses engagements pris en avril 2007, à Berlin, de ramener ses finances publiques à l’équilibre en 2010. C’est pourquoi, en juillet dernier, N. Sarkozy flanqué de la ministre de l’Economie et des Finances s’était rendu à la réunion du Conseil des ministres de l’Economie et des Finances pour rassurer nos partenaires européens. Mais, le flou entretenu par N. Sarkozy quant au respect de cette échéance, a incité nos partenaires européens à maintenir la pression.

La bonne volonté et les explications fournies par la ministre de l’Economie à ses homologues européens n’auront pas suffit à inverser la tendance surtout que l’OCDE et la Commission avaient révisé les perspectives de croissance pour la France à 1,8 % ou 1, 9 %.

JC Juncker, président de l’eurogroupe et premier ministre luxembourgeois, s’est exprimé en ces termes, au cours de la réunion, « Les ambitions dont la France a fait preuve ne correspondent pas tout à fait aux attentes qui sont les nôtres ». Le Commissaire européen aux affaires économiques a invité la France à mener de concert la réforme et la consolidation budgétaire alors que la France envisage d’abord la réforme puis la consolidation. Il a d’ailleurs précisé que l’eurogroupe maintiendrait la pression de ses pairs au cours des prochains mois pour contraindre la France à ne pas retarder son assainissement budgétaire.

Il est prévu qu’en décembre la France présente son programme de stabilité révisé après l’adoption du budget 2008 par le parlement français.

Interrogé, ce matin, par T. de Montbrial, lors de la conférence de lancement de Ramsès 2008, à l’IFRI, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes a tenu à rappeler que la France ne remet pas en cause l’indépendance ni les statuts de la BCE. Selon lui, il semble logique d’avoir sur des sujets qui sont de la compétence de la BCE et qui peuvent entrer en relation avec d’autres compétences économiques comme le rythme de la croissance, la compétitivité (taux de change) ou encore les conséquences de certains événements, un dialogue entre responsables politiques à savoir les ministres de l’Economie et des Finances et les autorités monétaires afin d’avoir un optimum économique et financier : la stabilité financière que sont en droit d’exiger les citoyens, les épargnants.
Il a redit que la BCE avait été très réactive et le Conseil des ministres de l’Economie et des Fiances européen (Ndlr : voire l’eurogroupe) moins.

Si les ministres de l’Economie et des Finances, réunis à Porto, le week-end dernier, ont plaidé en faveur d’une plus grande transparence des outils financiers, ils ne se sont pas laissés aller à réclamer une plus forte régulation financière en Europe.

Nos partenaires européens sont quelque peu agacés que les Français prônent une meilleure coordination des politiques économiques et tentent de reporter des engagements pris dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance, seul instrument de discipline collective de la zone.

Faîtes pas ce que je dis et ne dites pas ce que je fais…

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Tag(s) : #L'europe au quotidien